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Sexualité : comment une partie du corps… devient érotique ?

Dernière mise à jour : il y a 4 jours


« Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’excite… »

« Ce détail, ce geste… ça me fait quelque chose. »

« Pourtant, ce n’est pas “sexuel” à la base… »


👉 Ce que l’on trouve érotique n’est pas donné une fois pour toutes.C’est souvent appris.

L’érotisation, c’est un processus : un objet, une partie du corps, une situation→ associés à une excitation→ à répétition→ finissent par déclencher du désir à eux seuls.

Un peu comme le cerveau apprend qu’une odeur évoque un souvenir,il peut apprendre qu’un détail devient… érotique.


👉 Cet apprentissage peut se faire dans différents contextes.

🔹 Dans un cadre sécure (proche de ce que décrivait John Bowlby pour l’attachement) :

  • curiosité

  • exploration progressive

  • sécurité émotionnelle

  • consentement

  • cohérence entre corps, émotions et contexte

→ L’érotisation s’intègre de manière souple, évolutive, vivante.


🔸 Dans des contextes plus insécures ou marqués par le stress :

  • tension, peur, interdits forts

  • exposition précoce ou intrusive

  • mélange entre excitation et sidération

  • fascination pour ce qui déborde ou inquiète

→ Le cerveau peut alors associer excitation et intensité émotionnelle, même si cette intensité est inconfortable.


Ce n’est pas “anormal”. C’est un apprentissage qui a eu lieu dans des conditions spécifiques.

Ainsi, le cerveau ne distingue pas toujours clairement ce qui est désirable de ce qui est marquant.

👉 Ce qui frappe, surprend, sidère… peut aussi devenir saillant, et donc potentiellement érotisé.


Ce que ça change de le comprendre :

  • sortir du jugement (« c’est bizarre / pas normal »)

  • redonner du sens à ses attirances

  • pouvoir les faire évoluer, les assouplir

  • remettre du choix là où il y avait de l’automatisme

  • et aussi : pouvoir faire évoluer ses scénarios d’excitation

👉 Nos façons d’être excité·e ne sont pas figées. Comme elles ont été apprises, elles peuvent aussi être réajustées.


Pas en les supprimant ou en les forçant,  mais en introduisant progressivement :

  • plus de sécurité

  • plus de présence à soi

  • plus de cohérence avec ses valeurs et son consentement

→ C’est ce qu’on pourrait appeler développer des scripts d’érotisation plus éclairés : des formes d’excitation qui ne reposent pas uniquement sur l’intensité, la tension ou le débordement,  mais aussi sur ce qui est choisi, intégré et sécurisant.


Ci-après, retrouver le document "questionner l'érotisation":


👉 Le “tip” du sexologue :Si une excitation vous questionne, demandez-vous moins “pourquoi ça m’excite ?”et davantage “dans quel contexte ça s’est appris ?”

C’est souvent là que les choses deviennent plus claires.

Et plutôt que de lutter contre une excitation, essayez parfois d’y ajouter autre chose :  un peu plus de lenteur, un soupçon de conscience et de sécurité.

C’est souvent ainsi que de nouveaux chemins se construisent.


 
 
 

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Dr Antoine CANAT

Médecin Sexologue

Membre adhérent de l'AIUS

Membre adhérent du CEFRAAP

Membre adhérent de la Fédération Addiction

Adresse

MSP Mont à Camp

1 avenue Mont à Camp

59160 Lille - Lomme

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