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Sexualité : Comment le porno questionne nos désirs

« Je me demande si ce que j’aime est normal. »

« Est-ce que d’autres ressentent ça aussi ? »

« Mes envies ne ressemblent pas toujours à ce que je vois. »

« Et parfois… elles y ressemblent trop. »


Ces questions sont très courantes.

Elles ne parlent pas d’un manque de désir, mais d’un doute discret sur ce qui est “normal” ou non.


Le désir sexuel ne se construit jamais tout seul.Il se façonne avec ce qui nous entoure : les images que l’on voit, les récits que l’on entend,ce qui est montré, partagé, valorisé.

👉 Désirer, c’est aussi apprendre ce qui a le droit d’être désiré.


Les travaux de sociologues montrent que la pornographie ne sert pas seulement à s’exciter.Elle joue aussi un rôle de repère :

  • elle donne des modèles,

  • elle suggère ce qui est courant,

  • elle rassure parfois sur le fait de ne pas être seul.

👉 En ce sens, le porno fonctionne comme une forme de validation collective, même sans échanges directs.


Mais ce miroir est déformant. Il met surtout en avant certains corps, certaines pratiques,certaines manières de désirer.

👉 À force, ces images peuvent donner l’impression que ces désirs-là sont la norme, alors qu’ils ne représentent qu’une partie des vécus possibles.


Dans la vie quotidienne, cela se traduit souvent par un décalage :

– certaines personnes ne se reconnaissent pas dans ces modèles et s’inquiètent,

– d’autres s’y reconnaissent beaucoup, et ont du mal à ressentir le désir autrement.


Dans les deux cas, le désir devient quelque chose que l’on compare, plutôt qu’une expérience que l’on vit en phase avec ses ressentis, sa sensorialité, sa sensualité, ses élans.


Le problème n’est alors pas le désir en lui-même, mais la pression “conformiste” silencieuse à laquelle on le confronte.


🌱 En sexologie, l’objectif n’est pas de dire comment il faudrait désirer, mais d’aider chacun·e à retrouver un désir plus personnel, lié au corps, au contexte, à la relation et au partage.

Souvent, ce qui soulage, ce n’est pas de changer ses envies, mais de comprendre d’où viennent les modèles auxquels on se compare et revenir à une lecture attentive de ce qui nous fait vibrer en tant qu’être singulier.



 
 
 

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Dr Antoine CANAT

Médecin Sexologue

Membre adhérent de l'AIUS

Membre adhérent du CEFRAAP

Membre adhérent de la Fédération Addiction

Adresse

MSP Mont à Camp

1 avenue Mont à Camp

59160 Lille - Lomme

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