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Pourquoi vouloir “se détendre” empêche parfois… de se détendre

« Plus on cherche à se détendre, plus le corps se crispe. »

Cela peut sembler paradoxal, et pourtant c’est une situation très fréquente en consultation.

Beaucoup de personnes arrivent avec cette idée :👉 « Il faut que je me détende. »; « Si je n’y arrive pas, c’est que je fais mal. »

Or, le corps ne fonctionne pas à l’injonction.


🧠 Quand la détente devient une obligation, elle cesse d’être un état vécu et devient une performance à atteindre.

Le système nerveux reçoit alors un message contradictoire :

  • « Détends-toi »

  • « Mais attention : fais-le bien, maintenant, et sans échouer »

Résultat :🔁 le contrôle augmente,🔁 l’attention se rigidifie,🔁 le corps se met en vigilance… exactement à l’opposé de la détente recherchée.


En sexualité, ce paradoxe est central (mais pas que dans la sexualité, on retrouve aussi cela dans le sommeil: si je veux absolument m’endormir, je n'arrive pas à m'endormir).

Vouloir se détendre pour que ça marche revient souvent à :

  • surveiller ses sensations,

  • anticiper la réponse du corps,

  • vérifier que “ça vient”, que “ça tient”, que “ça dure”.

👉 Le corps n’est alors plus un lieu d’expérience, mais un objet à gérer.


📌 La détente n’est pas une action, c’est une conséquence.

Elle survient quand :

  • l’attention se déplace du résultat vers le vécu,

  • le contrôle peut se relâcher sans être exigé,

  • le corps se sent suffisamment en sécurité pour ne plus se protéger.


🌱 En sexologie, il ne s’agit donc pas de forcer le lâcher-prise, mais souvent de désamorcer l’injonction :

  • sortir du “je dois”,

  • ralentir,

  • redonner du temps au corps,

  • accepter que la détente ne se commande pas… mais s’autorise.

💬 Chercher à se détendre est souvent le signe qu’on ne l’est déjà plus. Le travail consiste alors moins à “faire” qu’à cesser de lutter.


🌱 Ce qui change quand on cesse de vouloir se détendre

La détente ne se fabrique pas. Elle émerge quand quelque chose peut être accueilli plutôt que corrigé.

En pratique, cela passe souvent par un déplacement très simple — mais profond :

  • accueillir les émotions présentes, même l’inquiétude ou la déception,

  • prêter attention aux sensations, même discrètes ou instables,

  • reconnaître les pensées automatiques (« ça ne marche pas », « je n’y arrive pas »), les accueillir, les laisser passer, sans chercher à les chasser,

  • autoriser le corps à être comme il est, avant de lui demander autre chose.

📌 Le corps se détend rarement quand on lui demande d’aller mieux. Il se détend quand il se sent reconnu.


💡 Tip du sexologue Au lieu de chercher à vous détendre, essayez ceci : ne changez rien pendant quelques instants. Observez ce que vous ressentez — sensations, émotions, pensées — sans les classer comme bonnes ou mauvaises. La détente apparaît souvent après cet accueil, jamais avant.



 
 
 

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Dr Antoine CANAT

Médecin Sexologue

Membre adhérent de l'AIUS

Membre adhérent du CEFRAAP

Membre adhérent de la Fédération Addiction

Adresse

MSP Mont à Camp

1 avenue Mont à Camp

59160 Lille - Lomme

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