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Sexualité : instinct naturel ou compétence apprise ?


Pendant longtemps, la sexualité a été pensée comme quelque chose de spontané, presque animal.Une pulsion qui devrait surgir naturellement, sans effort, sans apprentissage.

Pourtant, de plus en plus de personnes consultent non pas par absence de désir,mais parce que leur corps ne répond pas comme “il devrait”.

Alors une question se pose :👉 et si la sexualité n’était pas innée… mais largement acquise ?


Une illusion de naturalité héritée de l’histoire

Dans de nombreuses cultures occidentales, la sexualité a longtemps été :

  • soit moralisée (religion, normes sociales),

  • soit biologisée (réflexe, pulsion, hormones).

Dans les deux cas, un point commun :❌ on n’enseigne pas la sexualité comme une pratique corporelle à apprendre.

Au XXᵉ siècle, avec la libération sexuelle, une nouvelle idée s’impose :la sexualité serait libre, évidente, naturelle.

Mais cette libération s’est souvent faite sans transmission de savoirs corporels :

  • comment respirer,se mouvoir,

  • comment réguler l’excitation, communiquer avec l’autre,

  • comment composer avec le stress, le temps, l’autre.

Résultat paradoxal :- plus la sexualité est censée être naturelle,- plus les personnes vivent leurs difficultés comme un échec personnel.


Ce que montrent les sciences humaines

Les approches anthropologiques et sociologiques convergent sur un point :👉 la sexualité est une pratique socialement et corporellement construite.

Comme manger, faire de la musique ou communiquer :

  • elle s’apprend,

  • elle se façonne,

  • elle dépend du contexte culturel, relationnel et émotionnel.

Aucune société ne laisse la sexualité totalement “brute”. Elle est toujours :

  • encadrée par des récits,

  • traversée par des normes,

  • transmise… ou non.

Quand la transmission fait défaut, le corps se retrouve seul face à des attentes élevées, sans mode d’emploi.

⚠️ Le poids de la performance moderne

Notre époque ajoute une couche supplémentaire : sexualité évaluée, comparée, commentée, mesurée (érection, orgasme, durée, fréquence).

Ce modèle suppose implicitement que le corps sait déjà faire.

Mais en réalité, beaucoup de troubles sexuels ne sont pas des pannes, ce sont des compétences non développées ou entravées :

  • difficulté à se détendre,

  • hyper-contrôle, la centration sur soi comme être performant,

  • incapacité à ralentir, 

  • attention tournée vers le résultat plutôt que vers le vécu.

🌱 Apprendre plutôt que réparer

Changer de regard est essentiel.

Considérer la sexualité comme une pratique, un apprentissage permet :

  • de déculpabiliser,

  • de sortir du registre de la faute ou de la déficience,

  • d’ouvrir des pistes concrètes d’accompagnement.

En sexologie, il s’agit souvent de :

  • réapprendre à sentir,

  • réentraîner le corps,

  • désamorcer les automatismes de contrôle,

  • redonner une place à l’expérience plutôt qu’à la performance.

💬 Une difficulté sexuelle n’est pas toujours un dysfonctionnement : c’est parfois un apprentissage qui n’a jamais eu lieu.


💡 Tips du sexologue

Si la sexualité était vraiment innée, elle fonctionnerait toujours de la même façon, toute la vie.Le fait qu’elle évolue, se bloque, se transforme… est justement la preuve qu’elle s’apprend, se réajuste et se cultive.Il n’est jamais trop tard pour apprendre à habiter son corps autrement.



 
 
 

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Dr Antoine CANAT

Médecin Sexologue

Membre adhérent de l'AIUS

Membre adhérent du CEFRAAP

Membre adhérent de la Fédération Addiction

Adresse

MSP Mont à Camp

1 avenue Mont à Camp

59160 Lille - Lomme

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