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Sexualité : Médicaments psychotropes… et sexualités ? Parlons-en simplement (avec nuances).

Les médicaments psychotropes font partie du quotidien de nombreuses personnes, mais leurs effets sur la sexualité restent souvent peu connus ou mal compris. Pourtant, ces traitements peuvent modifier la manière dont on ressent le désir, le plaisir, l’excitation, l’éjaculation ou l’orgasme.

📌 Et cela peut ne pas refléter votre amour, votre motivation, votre valeur personnelle. Ce sont des effets liés au fonctionnement même du système nerveux… mais ce n’est pas toujours aussi simple.

Ce qu’il faut comprendre

Tous les psychotropes n’ont pas les mêmes effets sur la sexualité. Certains peuvent diminuer le désir ou l’excitation ; d’autres, au contraire, peuvent les augmenter, favoriser l’impulsivité ou la prise de risque.

🔹 Antidépresseurs (ISRS/IRSNa) — plutôt inhibiteurs

  • baisse du désir,

  • orgasmes difficiles ou retardés,

  • diminution de la sensibilité.

🔹 Anxiolytiques — plutôt sédatifs

  • fatigue, ralentissement,

  • baisse de disponibilité sexuelle.

🔹 Antipsychotiques — effets très variables selon la molécule

  • baisse du désir,

  • dysfonctions érectiles,

  • effets via la prolactine,

  • mais certains antipsychotiques augmentent parfois l’impulsivité sexuelle.

🔹 Thymorégulateurs

  • baisse modérée du désir,

  • variations selon les molécules.

🔹 Et à l’inverse… certains traitements peuvent augmenter la sexualité :

  • antidépresseurs dopaminergiques type bupropion,

  • certains stimulants prescrits dans les troubles de l’attention,

  • certaines molécules psychiatriques à effet désinhibiteur.

➡️ Il n'y a pas “un” effet des psychotropes sur la sexualité, mais une multitude de situations.

Parfois… ce n’est pas le médicament, mais le trouble traité

Dépression, anxiété, trouble bipolaire, stress chronique, épisodes psychotiques : 👉 ces états peuvent à eux seuls provoquer une baisse du désir, des difficultés d’érection, une absence de plaisir, une hypervigilance ou des douleurs sexuelles.

Dans ces cas, le traitement peut améliorer la sexualité en stabilisant :

  • l’anxiété,

  • l’humeur,

  • le sommeil,

  • la motivation.

📌 Paradoxalement : un médicament peut sembler nuire à la sexualité alors qu’il est, en réalité, un des éléments de sa restauration.

C’est pourquoi il est essentiel de ne pas tirer de conclusion trop rapide.

Pourquoi ces effets surviennent ?

Parce que psychotropes et sexualité passent tous deux par les mêmes circuits :

  • dopamine (motivation, plaisir),

  • sérotonine (inhibition,humeur, anxiété),

  • noradrénaline (activation),

  • prolactine (lactation, désir),

  • etc..

La sexualité repose sur un équilibre fin… et les traitements peuvent parfois le déplacer.

Facteurs favorisant les difficultés sexuelles

  • dépression ou anxiété non stabilisée,

  • stress ou fatigue chronique,

  • douleurs, hypervigilance, tensions,

  • troubles de l’image corporelle,

  • inquiétude de “ne pas y arriver”,

  • communication difficile dans le couple.

Quelques pistes simples

🟣 1. En parler avec un·e professionnel·le

C’est clinique, pas tabou. Il est d’ailleurs important de vérifier que la difficulté émane bien du traitement et non pas du trouble qui a justifié un traitement.

Souvent, des ajustements sont possibles :

  • Évaluer la pertinence du maintien du traitement

  • Changer l’horaire de prise,

  • Réduire légèrement la dose,

  • Changer de molécule,

  • Ajouter un traitement ciblé.

🟣 2. Revenir à un mode “détente”

Respiration lente, toucher doux, rythme progressif… On aide le système nerveux à quitter l’inhibition et revenir au plaisir, à la sensorialité, à la sensualité.

🟣 3. Diversifier les sources de plaisir

Plus de douceur, plus lent, plus varié :

  • stimulations non pénétratives,

  • jeux sensoriels,

  • exploration plus libre.

🟣 4. Communiquer dans le couple

Exprimer ce qui fait obstacle, mais aussi ce qui fait du bien : jeux, rythme, zones, pression, positions, ambiance.

🟣 5. Consulter

Un·e sexologue peut aider à démêler ce qui relève du médicament, du trouble initial, du stress, de la relation… et proposer des outils ajustés.


Témoignage (anonyme)

« Je croyais que quelque chose n’allait pas chez moi. Finalement, c’était à la fois la dépression et mon traitement. Quand on a ajusté la molécule et travaillé la sexualité en douceur, tout a commencé à changer. J’ai retrouvé du plaisir sans pression. »


Le tips du sexologue

La sexualité peut être très sensible aux variations chimiques : elle peut augmenter, diminuer, se bloquer, se transformer ou se réinventer selon le contexte. 

👉 Dans la majorité des cas, on peut agir : ajustements thérapeutiques, travail corporel, communication, techniques de focalisation, réassurance.

📌 Ce n’est pas une fatalité — c’est une interaction complexe, et cela s’accompagne.



 
 
 

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Dr Antoine CANAT

Médecin Sexologue

Membre adhérent de l'AIUS

Membre adhérent du CEFRAAP

Membre adhérent de la Fédération Addiction

Adresse

MSP Mont à Camp

1 avenue Mont à Camp

59160 Lille - Lomme

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